Des idées pour passer des actes… à la parole!

Posted by on Sep 23, 2014 in Activités | No Comments
L'agente de développement du CIBLES, Luce Lemieux-Huard, a assuré l'animation de l'atelier.

L’agente de développement du CIBLES, Luce Lemieux-Huard, a assuré l’animation de l’atelier.

Le 19 septembre dernier, dans le cadre du Forum social bas-laurentien, le CIBLES offrait un atelier intitulé « Comment passer des actes à la parole ? ». Voici un résumé des échanges avec les participants.

Contexte

La consommation responsable demeure une façon concrète d’agir au quotidien en faveur d’un plus grand respect de l’environnement et des droits des citoyens, au Nord comme au Sud. Mais si nous sommes bien conscients du fait « qu’acheter, c’est voter », les « consom’acteurs » demeurent souvent cantonnés dans leurs choix individuels en évitant d’aborder avec leur entourage la délicate question. Pourtant, ce passage de l’individuel au collectif, des actes à la parole, est nécessaire pour contribuer à un véritable changement social. Mais comment s’y prendre pour sensibiliser, convaincre ou inspirer sans paraître moralisateur et s’empêtrer dans ses propres paradoxes de consommation ?

Perspective critique

  • S’acheter une bonne conscience sur le plan individuel peut détourner l’attention des citoyens des enjeux collectifs. « Pendant qu’on ferme son robinet pour économiser de l’eau potable, on se fait ouvrir celui des sables bitumineux. »
  • Les actes individuels (choix de consommation) et collectifs (engagement citoyen) peuvent aller de pair. Les petits actes individuels sont souvent la porte d’entrée vers le collectif. On ne peut pas nier l’identité de consommateur des gens, même si cela peut maintenir une certaine illusion. Non, le fait d’acheter local et bio ne va pas changer le monde, mais c’est un bon départ.
  • Il faut bien voir les limites de la consommation responsable mais demeurer vigilants, dans la mesure où les critiques peuvent démobiliser certains consommateurs. Par exemple, le commerce équitable a ses défauts et dysfonctionnements, mais le fait que les gens soient plus sensibles aux réalités des petits producteurs du Sud, c’est déjà un immense pas en avant.

Argumentaires et stratégies

  • Dans le débat environnemental notamment, les arguments scientifiques et rationnels prennent beaucoup de place. Or le discours « émotif » est à ne pas négliger : « pour sensibiliser les gens à la protection du fleuve, faites-leur comprendre à quel point celui-ci est beau et poétique ». Rôle de l’art à cet égard.
  • Importance d’intégrer les arguments rationnels et émotifs dans un même discours, pour lui donner plus de force. Exemple : atelier sur l’environnement offert dans le cadre d’Éco-Fête cette année, dans lequel l’animateur expose des faits tout en proposant une marche en nature.
  • « Ce qui fonctionne, c’est ce qui est vrai. Une personne, ce n’est pas qu’un cœur, pas qu’une tête. Il faut donc s’adresser aux deux à la fois. Il faut être convaincu et convainquant. »
  • Attention à trop utiliser les cas individuels « émotifs » pour faire valoir une cause plus large. Même si ceux-ci sont souvent une bonne manière d’accrocher une large part de la population : lorsqu’on parle d’un individu en particulier avec lequel le public peut s’identifier, il est plus facile de sensibiliser M./Mme Tout-le-monde et de les emmener vers l’action.
  • Nécessité d’un engagement pluraliste : certains discours vont rallier davantage les radicaux, d’autres les modérés. Il faut de tout, et se spécialiser dans nos interventions, en fonction de nos forces et de notre capacité à rejoindre une certaine frange de la population.
  • La mondialisation rapproche les gens. On peut se sentir lié et interpellé par des réalités qui sont éloignées géographiquement. « Je n’ai jamais vu l’Amazonie, mais je sais ce qu’est une forêt. » Il faut miser sur ce qui rassemble, du Nord au Sud.
  • Importance de développer la connexion à la nature dès le plus jeune âge afin d’apprendre à en apprécier la beauté et la nécessité de la préserver.
  • Ne pas chercher à convaincre : inspirer.

Pistes d’action

Dans nos campagnes de sensibilisation :

  • Aller davantage à la rencontre des gens qui ne sont pas déjà acquis à nos causes et intervenir en respectant le stade d’engagement de chacun, par exemple en proposant une gradation d’actions, du petit geste individuel à l’action collective;
  • Utiliser des méthodes ludiques (quiz, défis au quotidien) et questionner, sans poser de jugement.

Avec notre entourage :

  • Demeurer humble et parler au « je » (« Pour moi, c’est important de… ») : cela ne convainc pas, mais incite à la réflexion;
  • Parler de ses propres convictions et de ses actions en mettant l’accent non pas sur le sacrifice, mais sur ce que cette prise de position nous apporte (dépassement, satisfaction de participer à quelque chose de plus grand que soi);
  • Expérimenter, proposer des petits défis et faire ensuite des rétroactions (ex : lundi sans viande, transport actif, etc.);
  • Accepter nos incohérences et nos paradoxes… et ceux de notre entourage!

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